La Lanterne de Diogène

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Le Refus global et L’Acceptation globale

Où nous situons-nous?

Consigne : Après avoir lu attentivement les deux extraits du Refus global et de L’Acceptation globale, imaginez ce que serait le manifeste de la génération présente. Écrivez un court essai percutant (et humoristique?) dans lequel vous développez des idées en accord ou en opposition avec celles de vos prédécesseurs. Longueur : Une page à lire en classe. Travail en équipe de 4 personnes.

Extrait de L’Acceptation globale de François Benoît et Philippe Chauveau :

«Nous avons décidé de nous mettre au travail pour écrire un pamphlet qui serait pour les jeunes ce que le Refus global a été pour les Québécois en 1948 et ce que le Manifeste du Parti communiste a été pour les ouvriers : il s’agissait, en fin de compte, de devenir célèbres.

Une seule différence avec les manifestes précédents : le nôtre avait aussi pour but de rapporter beaucoup de droits d’auteur, jeunesse et réputation obligent.

Outre tout cela, notre manifeste se devait de dénoncer l’injustice faite à notre égard, d’en expliquer les raisons et la genèse, puis de prendre fermement position avec toute la (mauvaise) foi exigée de ce genre d’exercice.

En 1948, quelques jeunes artistes souffrant d’un problème de relations publiques (difficulté à s’exprimer, absence de débouchés...) se sont réunis pour jeter à bas la société de leurs pères en écrivant et en signant un libelle destiné à devenir le phare de la génération suivante : le Refus global.

En 1986, 38 ans plus tard, nous nous sommes réunis pour contester l’héritage laissé par les deux précédentes décennies, la tranquillité, en écrivant et en signant (sous un pseudonyme) un nouveau manifeste : l’Acceptation globale.

Et si cela s’avérait insuffisant pour retirer les jeunes déchets des mains des éboueurs, nous n’hésiterions pas à prôner une charmante coutume africaine qui veut que chaque année les jeunes secouent le cocotier à la cime duquel sont groupés les anciens; ceux qui tombent perdent le pouvoir (et accessoirement se cassent le cou). Nous nous associons volontiers à cette tradition.

À la remarque : "Vous, les jeunes, vous êtes rétrogrades et réfractaires, après tout ce qu’on a fait pour l’humanité, vous ne pensez qu’à l’argent et à votre plaisir!", l’Acceptation globale s’assume et répond avec fierté : "Oui, je suis tout à fait d’accord, échangerais-tu ta Volvo contre mon B.S.?"

Mais trêve de bavardage. Ce manifeste, vous l’avez sous les yeux. Pour comprendre quel est le vrai problème des jeunes, nous allons commencer par étudier quelles sont les influences qui ont bercé notre enfance.

L’histoire du Québec des trente dernières années se confond avec la Révolution tranquille, inaugurée de façon tangible, par le manifeste du Refus global.

Entre ce premier manifeste et l’Acceptation globale, il s’est écoulé 38 ans : le temps que la révolution fasse tranquillement ce que son nom lui imposait de faire : un tour sur elle-même. La boucle se boucle et notre manifeste vient faire le bilan du précédent. Pour résoudre un problème dont personne n’a encore percé le secret, il faut tenter une nouvelle approche, aborder la question sous un angle inexploré. De même, pour solutionner les difficultés des jeunes, que toute une année de la jeunesse n’a fait que compliquer, il fallait chercher un nouveau point de vue.

Si l’explication de la situation des jeunes doit se trouver dans l’histoire de la Révolution tranquille, ce n’est sûrement pas à l’intérieur de l’analyse traditionnelle et classique qui a déjà été faite de cette période. Et quel nouveau regard fallait-il jeter sur notre passé? Le nôtre, évidemment, parce que lorsque les plus âgés, atteint de presbytie, décident de confondre anciens hippies et jeunes des années 80 et que ces mêmes anciens hippies sont frappés de myopie en se concentrant sur leur vécu, les jeunes sont pris hors foyer et ne partagent plus du tout la même optique.»

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